Je t'instruirai et te montrerai la voie que tu dois suivre ;
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Samedi 16 décembre 2017
Jean Hus PDF Print E-mail
Written by Anne-Marie T.   
samedi, 23 octobre 2010
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Titre du livre : Jean Hus
Auteur : Amedeo Molnar
Editions : Les Bergers et les Mages, Paris, 1978

Jean Hus a vécu pendant une période de troubles dans l'église de Rome. Entre 1378 et 1417, l'Église d'Occident est divisée en deux, puis même trois obédiences : c'est le Grand Schisme d'Occident. Un pape est installé à Rome, et un autre à Avignon. Le royaume de Bohême, région de la République tchèque actuelle, fait alors partie du Saint Empire romain germanique.

1.Les années de formation

Jean Hus (ou Jan Hus) naît entre 1369 et 1373, dans le sud de la Bohême, à Husinec, près de Prachatice. Il est issu d'un milieu pauvre.

Cependant, il parvient à entrer à l'université de Prague en 1390. Il subvient à ses besoins en travaillant au service de l'un des professeurs tchèques. Il obtient le diplôme de bachelier ès arts en 1393-1394, la maîtrise en 1395-1396, et devient professeur [1] dès 1398.

Il se trouve à ce moment en contact avec le mouvement réformateur tchèque, développé en particulier avec Jan Milic (mort en 1374) et Mattias de Janov. Ces hommes prônaient un retour au message apostolique, à la simplicité de l'Évangile, à la Parole de Dieu. Ils soulignaient déjà le besoin de réformer l'Église.

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Les universitaires sont également influencés, à cette époque, par le pré-réformateur anglais John Wyclif. Plusieurs étudiants tchèques reviennent d'Oxford avec ses écrits. Et c'est justement en lisant les écrits de Wyclif, dès 1398, qu'un changement se produit dans la vie de Hus : il reconnaît l'autorité de l'Écriture Sainte et sa valeur normative dans la vie du chrétien.

Quel était le message de Wyclif ? Il condamnait les dérives de l'église romaine, et en particulier, il rejetait la hiérarchie instituée dans l'église, l'autorité du pape, classé Antéchrist. Il montrait que chaque question devait être étudiée à la lumière de la Parole, et que la véritable Église était constituée de l'ensemble des Élus. En outre, Wyclif entreprend la traduction de la Bible en anglais.

De même, Hus ressent fortement le besoin de rénovation de l'Église. A cette époque, l'archevêque de Prague, Zbynek, ne s'oppose pas à la propagation des écrits de Wyclif.

2.La prédication de l'Évangile

Jean Hus est ordonné prêtre en 1400. En mars 1402, il prêche pour la première fois dans la chapelle de Bethléem, fondée par des fidèles de Jan Milic. Proche du peuple, il prêche en langue tchèque, ce qui lui attire beaucoup de fidèles issus de toutes les classes de la population.

Hus prêche l'attachement à la Parole, à la Vérité. S'attacher à la Vérité, c'est s'attacher à Christ, et réciproquement. Au fur et à mesure de ses découvertes, son message évolue pour mieux obéir à l'Évangile. Il voit la nécessité de réformer l'Église, mais il sait qu'il ne pourra pas compter sur les ecclésiastiques.

Une caractéristique de son ministère est le dialogue constant qu'il maintient avec sa communauté de fidèles. Hus reconnaît que ce ne sont pas les titres qui donnent une autorité spirituelle, mais une vie conforme à Christ. En ce sens, les laïcs ont tout autant le droit de prêcher que le clergé.

Par ailleurs, il condamne Rome du haut de la chaire. Le pouvoir du clergé est utilisé pour le mal et non pour la propagation de l'Évangile. Il dénonce en particulier la simonie, c'est-à-dire le commerce de biens spirituels, très présente dans l'église romaine de l'époque.

3. La réaction des autorités

Il va de soi que de tels discours ne peuvent rester sans effet. En 1408, certains membres du clergé passent à l'action, en s'attaquant d'abord aux écrits de Wyclif. Puis, deux amis de Hus sont arrêtés, emmenés à Bologne et durement traités.

A Prague, on interdit de critiquer le clergé du haut de la chaire, de chanter de nouveaux chants en langue tchèque, à l'exception de quatre cantiques. Cet interdiction est clairement contre Hus. Celui-ci livre certains manuscrits de Wyclif, mais ne change pas son message.

En 1409, l'archevêque Zbynek cherche à lui faire un procès pour hérésie. Il obtient du nouveau pape Alexandre V une bulle contre Hus, mais ne la fait connaître qu'en juin 1410. En effet, il ne peut rien à ce moment contre Hus, qui vient de se faire élire recteur de l'université.

Dès que son mandat cesse, Zbynek fait connaître la bulle, qui interdit de prêcher en dehors des églises autorisées. Avec la menace d'être mis sous interdit, Hus en appelle au pape (Jean XXIII[2]). Il est soutenu par le roi Venceslas. Cependant, Hus n'ayant pas répondu à l'appel du pape, en 1411, l'interdit est jeté sur lui, puis sur Prague. Le roi s'y oppose un temps. Mais le pape propose une vente d'indulgences, et s'achète le soutien du roi en lui ristournant une part non négligeable des bénéfices. Hus, lui, prêche contre les indulgences.

En 1412, il est sujet d'une excommunication majeure :

« Il était exclu de la communauté chrétienne, personne ne pouvait plus lui donner à manger ou à boire, ni parler avec lui, lui acheter ou lui vendre quelque chose, lui fournir de l'eau ou du feu, et lui porter secours de quelque façon que ce soit. »[3]

Le jour-même où l'acte est promulgué, Hus fait afficher, non loin du palais épiscopal, un ultime recours en appel auprès de l'autorité suprême : il s'adresse « au Seigneur Jésus-Christ, juge équitable, qui connaît, protège, juge, révèle et couronne immanquablement la juste cause de chacun ». En cela, Hus agit en communion avec des chrétiens des siècles précédents. Mais surtout, il prend exemple sur Jésus-Christ lui-même. Il écrit :

« Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme, du profond de son angoisse causée par l'attitude du grand prêtre, des scribes, des pharisiens, des prêtres, des juges et des faux témoins, voulant en tant que Fils de Dieu, par sa mort effroyable et infamante racheter de l'éternelle condamnation des élus de Dieu choisis d'avance depuis la création du monde, a laissé pour toujours à ses disciples un magnifique exemple : confier sa cause à Dieu qui peut tout, qui sait tout et qui veut toutes choses pour le bien de ses enfants. Moi donc, me fondant sur l'exemple sacré et fécond de mon Sauveur, je fais appel à Dieu contre la grave oppression, la sentence injuste et l'excommunication qui m'ont été faites par les papes, les scribes, pharisiens et juges assis sur la chaire de Moïse et je lui confie ma cause, suivant les traces de mon Sauveur Jésus-Christ... »

Hus doit quitter Prague. Il cesse de prêcher un moment, mais reprend son activité entre l'automne 1412 et l'automne 1414, hors de Prague, en divers lieux de Bohême, selon sa conviction : « Je considère qu'il y a péché quand, pour suivre la volonté du roi, on cesse de prêcher. En vérité, je veux m'abstenir désormais de ce péché. »

4. Vers le martyre
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Après cette période, les événements s'accélèrent. En novembre 1414 doit avoir lieu le concile de Constance, avec notamment pour objectif d'unifier l'Église d'Occident. Le problème de l'hérésie de Wyclif et de Hus est également à l'ordre du jour. Hus, convoqué, accepte de s'y rendre, avec la garantie de l'empereur Sigismond qu'il voyagera en sûreté, mais aussi sous la menace d'une croisade contre la Bohême de la part du pape. Il a l'espoir de pouvoir témoigner à son audience. Le 3 novembre, il arrive à Constance. Mais une conspiration se prépare. Le 27 novembre, des cardinaux l'invitent pour une conversation amicale. C'est un piège : Hus est arrêté et jeté en prison.

Dans un premier temps, Hus tombe malade. Il est donc interrogé en prison. Une fois rétabli, il se met à écrire des lettres, ainsi que des petits traités, dans lesquels il exprime entre autres le réconfort que lui apporte l'Écriture.

Entre mai et juillet 1415, Hus est interrogé et prié de rétracter ce que Rome qualifie d'hérésies, entre autres celles exprimées dans son ouvrage intitulé De Ecclesia, à plusieurs reprises. Il refuse. Le 6 juillet, il est reconnu coupable en présence de l'empereur Sigismond et des pères du Concile. Il subit la cérémonie de déconsécration. La sentence finale est exécutée le matin de ce même jour. Hus marche vers le bûcher en chantant des Psaumes. Dans sa condamnation, il a pleinement conscience d'imiter son maître, condamné par Pilate et les chefs religieux Juifs.

5.Le message de Jean Hus

Dans la pensée de Jean Hus, l'amour de la vérité est fondamental. Il prêche la vérité. Il invite chacun à la rechercher, à la posséder. Et la notion de vérité est inséparable de Christ, puisque Jésus dit dans l'Évangile de Jean (14:6) : « Je suis le chemin, la vérité, et la vie ». Hus souligne aussi que la liberté se trouve dans la vérité, toujours selon l'Évangile : « Vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous affranchira » (Jean 8:32).

Suivons donc ce qu'il dit dans l'Explication de la Confession de Foi, en 1412 :

« Fidèle chrétien, cherche la vérité, écoute la vérité, apprends la vérité, aime la vérité, dis la vérité, soutiens la vérité, défends la vérité jusqu'à la mort : car la vérité t'affranchira du péché, du démon, de la mort de l'âme et, en dernier lieu, de la mort qui est éternelle séparation de la grâce de Dieu et de toute joie bénie, de cette joie à laquelle participe quiconque croit en Dieu et en Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai Homme. »

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[1] A priori, professeur de théologie.
[2] Jean XXIII, antipape à Pise entre 1410 et 1415, succédant à Alexandre V, non reconnu par l'église romaine et à distinguer, naturellement, de Jean XXIII, pape de 1958 à 1963.
[3] Citation p.34




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